Picturals présente

Jacques CANONICI 

“Les DÉCADES DE PONTIGNY“
sculptures

 

À l'occasion du 100 ème anniversaire de la création en 1910 des Décades de Pontigny par Paul Desjardin en l'abbaye de Pontigny (Yonne), Jacques Canonici a réalisé une série de bustes sur piédestal (terme) en céramique, souvenir de quelques unes des personnalités marquantes qui ont participé à ces réunions intellectuelles.

«La première qui a été réalisée est la carrure rigoureuse et universitaire de Paul Desjardins. Sévère et sombre tête de faune, il tient dans sa main droite repliée devant lui: "l'homme" qui sera au centre des préoccupations des Décades de Pontigny. Sur son épaule une petite muse aux contours cubistes nourrit son inspiration. C'est bien d'un terme dont il s'agit, mais le phallus à son emplacement est modelé en creux, comme un moulage, ombre turgescente... Dans un disque lunaire la face austère de celle qu'on appelait "la Petite Dame", sorte d'égérie des décades, Madame von Ruysenberg domine de son autorité légère autant qu'empesée l'ombre du profil de son peintre de mari. Le disque est encastré sur une colonne très géométrique dont la forme au sommet prend des airs de Chillida... 

«Pourquoi la figure des termes? Pour leur accorder une dignité mythologique, ou intemporel, le socle de chacun représentant ce que j'avais retenu de leur présence remarquable. sauf pour le portrait de Gide, sur un socle fait de 4 montants en bois et d'un plateau où repose le buste, pourtant le principal animateur de ces décades, les autres sont complets. Bachelard, en faune barbu, un tantinet égrillard, représenté du sommet du crâne jusques et y compris aux testicules, se fait chatouiller la nuque par un petit génie venant lui souffler l'inspiration derrière le lobe de l'oreille, Vladimir Jankélévitch, dans la nudité antique de son torse de sage, émerge, Diogène malicieux, d'un parallélépipède simple dont la face est ornée des lettres formant les périphrases: "un je ne sais quoi & un presque rien". (...)»

«André Malraux, le malheureux, fait jaillir de sa fertile mamelle cette liqueur culturelle dont il pense que la France est, après guerres & révolutions, frustrée, dépourvue et avide... Il domine un fatras d'humanité d'où sortent des fragments de modernité sculptée. (...) «Quant à Romain Roland, jamais il ne participa aux décades. Ce bourguignon génial auteur de Collas Breugnon, de Jean-Christophe, et nombre d'ouvrages de littérature musicale était natif de Clamecy, non loin de Pontigny. Un méli-mélo de figures humaines et d'éléments d'architecture embrouille la base du socle, au-dessus une géométrie de volumes simples calme le jeu.» Jacques Canonici.